13.08.2006

Ma déchirure

medium_Elephants4.jpg
L’Afrique, le mot magique … Congo , le mot de trop … Katanga, j’y suis déjà, Elisabethville, Lubumbashi je suis ici. Je suis un môme de là-bas moi, pas d’ici, de ce petit pays étriqué où il faut toujours être en accord avec le bien pensant … sinon le couperet tombe : pas bon pour le service ! Mais qu’est-ce que j’en ai à faire du service en Belgique ? Que peuvent comprendre tous ces gens qui me regardent dans les yeux le matin … journée blafarde, plus un bonjour ni un merci … une vie sans vie vraiment merci …
Je descends quelques marches, celles de l’avion ; j’hume cette odeur de kérozène mêlée à cette senteur de terre brûlée et d’un coup de baguette magique, je suis chez moi en Afrique.
Chez moi … là, d’où je n’aurai jamais dû partir … là, d’où on m’a arraché … mon berceau !
Et personne n’a compris que ma vie pouvait aussi être déchirée en deux … il y avait avant, il y a après … et actuellement … peut-être maintenant la chance de retrouver « avant » …qui sait ?

30.07.2006

Ce pays qui m'a vu naître ...

medium_map_democratic_republic_congo.gif
Ce qui occupe le plus mon esprit, aujourd’hui, sont les premières élections démocratiques au Congo ; le pays qui m’a vu naître. Plus de 25 millions de personnes vont tenter de décider qui des 33 candidats sera le meilleur à assurer pour l’avenir sa défense et l’évolution positive d’un pays actuellement en plein chaos. Ce pays est riche, intensément opulent pour pouvoir assurer seul son avenir de manière indépendante. Ce dimanche 30 juillet 2006 va-t-il remettre la bonne locomotive sur les rails ? C’est mon espoir le plus grand, moi enfant de là-bas !

Ces grosses angoisses ...

medium_fumee.jpg De grosses angoisses traversent mon esprit et se concrétisent par des sueurs épaisses.
Je suis pris à mon propre piège, car si je ne prends pas mes médicaments qui combattent ma dépression, j’angoisse et si je les prends, mon corps s’y habitue. Dilemme.
Je pense aussi que j’ai un trop plein de solitude. Rester seul, c’est confortable jusqu’à un certain point. Le tout est de ne pas se laisser aller, continuer les tâches ménagères et entretenir son corps. Le corps doit être à l’image de l’homme qui le possède … propre et sain. Ne plus avoir quelqu’un à qui parler, partager et palabrer, me fait sombrer quelques fois ! Je me rabats alors sur le téléphone et contacte mes amis… on discute, mais chaque fois il faut remettre sur le plancher, les mêmes problèmes … angoissant aussi et pas toujours gratifiant. Je pense que lorsque la machine ne va pas , l’esprit ne suit pas non plus et vice versa.. Faudra bien que je trouve une solution car cela fait maintenant presque deux ans que je me bats … peut être de façon pas assez énergique. J’ai été abandonné en plein dans mon combat par les miens … cela a été très dur aussi. Mais heureusement que certains ami(e)s étaient là et m’ont littéralement « porté » à bout de bras. Je les en remercie encore beaucoup et jamais je ne les oublierai ! Ma famille fut présente aussi et le patriarche s’est dépensé sans compter pour SON fils. Merci Papa.
N’empêche, de grosses angoisses m’habitent et s’extériorisent toujours et encore par d épaisses sueurs.
A quand la fin ?

29.07.2006

Les jours de blues…

medium_ombre2.jpgDes jours, où tout fout le camp, lors desquels tu te retrouves face à toi-même, pas très bien, mal dans ta peau et l’image que te renvoi le miroir n’est pas à ton avantage … Tout le monde connaît … Nous sommes tous passés par là … certains plus souvent que d’autres …
« Il faut positiver » te dit-on … mais comment le faire si au plus profond de toi tu n’es pas bien ? Seul, c’est presque impossible !
Heureusement, il y a les amis, ceux qui n’appartiennent pas à cette tour infernale et qui te sont restés fidèles. Ils t’écoutent, t’encouragent, on de la peine pour toi et, vaille que vaille, essayent de te remonter le moral par des mots chaleureux, ceux qui te vont droit au cœur. Merci à ces amis fidèles, ceux que l’on peut compter sur les doigts d’une main … merci donc à vous, qui êtes là encore, lors de ces jours de blues.

24.07.2006

Mon paysage

medium_homme_coquillage.jpg


Je regarde au loin et je balaye les quatre coins de l’horizon … décor qui me dérange dans cette peinture, c’est cette tour dans laquelle se sont rejoints les « copains » du vent. Ceux qui jugent, qui se sentent dans le bien pensant, j’avais envie d’écrire le bien pesant. Car cette tour devient pesante. Ses coups de cornes, ses hallalis trompent la quiétude d’un paysage qui réclame enfin un peu de calme. Peut être un manque de courage de ma part qui me mène sur de nouveaux rivages. Tranquillité, grands espaces, plus de poids derrière moi … aller toujours plus haut, assis, debout, aller sans faire le beau, ne plus jouer à l’homme qui joue du corps à corps, fuir les coups que l’on se donne, abandonner ce château-fort … abandonner sur cette plage irisée de coquillages, ces morceaux de vie qui sont de trop … plus de phrases en l’air, pas envie de me taire … je n’ai plus qu’une envie, que disparaisse cette tour abolie ! Prendre l'air, même si la saison n'est pas certaine, pour partir vers l'important, ne plus penser à l'instant présent ... les balivernes, je n'ai plus le temps d'y être, là où les saisons passent à l'envers ... marre d'y être! Je n'ai pas envie que tout se résume qu'au seul sel laissé entre mes doigts, celui filtré par l'écume. Je veux retrouver le soleil ... comme nul autre pareil ... et briller ... comme tout en chacun ... vivre enfin!

23.07.2006

Out of Africa

medium_elephants3.jpg


Littéralement pour moi : “Hors de l’Afrique” . Même pas jetté mais plutôt arraché à mon continent. Les lois de la vie faut-il s’y soumettre ? Je n’ai pas demandé d’y naître, ni d’y vivre dix-huit années … Mais du jour au lendemain, on me supprime tout et je dois rejoindre cet autre pays, la Belgique et tenter de m’y habituer! Sur un autre continent, sous un autre climat, dirigé par d’autres mentalités … au secours, je n’ai rien demandé moi ! Depuis, je survis mais je n’ai pas oublié mes racines natales, elles sont loin, pas ici en tout cas ! Par bonheur, depuis, j’ai refoulé par deux fois le sol qui m’a vu naître … de suite j’étais de retour à la maison, la joie totale … cette odeur du soir que l’on hume tel un éléphant en rut. La première nuit, je n’ai pas pu dormir tellement mes sens étaient en éveil, j’étais chez moi ! Dès le lendemain, tout était redevenu normal ! Ici, je vis mal, si mal ! Je divague, je suis un déraciné … je n’en peux plus ! Je n’ai pas quitté le « Congo de Papa », on m’en a arraché ! Je suis un déraciné !
Je suis « Out of Africa ».

Pigeon voyageur

medium_pigeon02.jpg


Depuis que je la connais, mon amie n’arrête pas de bouger. Faut d’abord dire que je ne l’ai retrouvée que depuis quelques années. Et pourtant, depuis : Kinshasa, Kraainem, les bords du lac Léman à Thonon-les-Bains, Beyrouth et maintenant de retour à Kin … Si ce n’est pas cela avoir la bougeotte, je ne m’appelle plus Ben. Et toujours prête à repartir ! Presque tous les gens que j’ai connu au Katanga sont de cette race de pigeons voyageurs. A croire que la Belgique ne leur suffit plus … a-t-elle un jour existée ? Existe-t-elle vraiment pour nous, les déracinés ? Actuellement, j’ai tout loisir de postuler à l’étranger car je n’ai plus d’attaches ici que des contraintes … que me manque-t-il pour faire la démarche ? Du courage, peut-être, et pourtant il m’en faut autant, si pas plus, pour rester ici. Petit bilan : qu’est-ce qui me retient ici ? Mon père, une sécurité d’emploi (et encore), puis je peux tirer un trait au bic rouge. Donc, sous la ligne tracée, pas grand chose en fait que de me donner un grand coup de pied au cul et de devenir à mon tour un pigeon voyageur …

Mon alphabet

medium_alphabet2.jpg


Mon alphabet …

A … amitié trop facilement donnée.
B … bonheur.
C … Carine ou Cirrus … de toute façon l’évasion !
D … dix-sept.
E … Elisabeth... mademoiselle je sais tout!
F ... fou de toi... Faby
G ... Gaston la gaffe!
H ... Haut, plus haut que toi le vélivole.
I … INDL, beaucoup de temps perdu ...
J … Jacquouille la fripouille!
K … Katanga, ma terre natale, et oui ...
L … Ludovic. Mon second.
M … "mener en bateau".
N … névrosé.
O … OO-ZHD ou 17 ...
P … Papa, celui que j'adore!
Q …Quentin! Mon aîné.
R … toi avant, mais disparue Rosa
S … solitude!
T … Tanguy! un peu paniqué ...
U … utilité ...
V … voler!
W … Whisky que d’autres s’enfilent...
X … du Xhères dans certaines sauces,
Y … Yves de C…
Z … zut!!!

22.07.2006

Mon corps

medium_feuille.3.jpg


Depuis ma chute, je rêve en noir et blanc, en couleur parfois, cela dépend des instants … mais le matin, j’ai des maux de tête incroyables. Toutes ces images produites par mon cerveau ont-elles grillé une lampe, un circuit ou encore une phase ? Même le radiateur semble être percé … mon corps est couvert de sueur … cette carrosserie que je malmène depuis longtemps semble aussi me dire qu’elle n’est pas d’accord avec la vie qu’elle mène … trempée ! Ainsi quand je mets mon corps au sommeil c’est est qu’il me le réclame, je le respecte mais le soleil levé, est-il encore le même que la veille ? Je baigne … en noir et blanc, en couleur, parfois sont-ce des rêves … des cauchemars peut-être ? Depuis ma chute, je ne suis plus le même qu'avant bon sang!

20.07.2006

Si j'étais

medium_si_j_etais.jpg

Si j'étais un des 4 éléments je serais : l’eau dans un torrent.
Si j'étais un moment de la journée je serais : le moment de la sieste.
Si j'étais un mois de l'année je serais : juillet.
Si j'étais la pièce d'une maison je serais : ma chambre.
Si j'étais une chanson je serais : « Si seulement je pouvais lui manquer » de Calogéro.
Si j'étais une saison je serais : l’été.
Si j'étais un mot je serais : sincérité.
Si j'étais un vêtement je serais : un costume de Batman.
Si j'étais une couleurs de yeux je serais : noisette.
Si j'étais un métier je serais : un aviateur.
Si j'étais une boisson alcoolisée je serais : un bon vin.
Si j'étais une fleur je serais : du jasmin.
Si j'étais un animal je serais : une panthère noire .
Si j'étais un fruit je serais : une mangue ou une papaye .
Si j'étais un objet je serais : un verre.
Si j'étais un livre je serais : un des multiples de Boris Vian .
Si j'étais un instrument de musique je serais : une flûte traversière.
Si j'étais une partie du corps je serais : les yeux.
Si j'étais une odeur je serais : celle de mon pays natal après un feu de brousse.
Si j'étais un défaut je serais : la jalousie.
Si j'étais une qualité je serais : l’amitié.
Si j'étais un pays je serais : le Katanga.
Si j'étais un lieu je serais : le golf de Lubum avec mon ami Hendrik .
Si j'étais une sorte de musique je serais : n’importe du moment que mes sens s’envolent.
Si j'étais un film je serais : « Ma mémoire me torture » de moi.
Si j'étais une série télévisée je serais : Le défunt « Pégase ».
Si j'étais un phénomène naturel : un arc-en-ciel.